Une question de rendez-vous !
Aujourd’hui, on te propose une petite histoire à écouter et à raconter ! Reste jusqu’au bout, il y aura quelques petites informations scientifiques à la fin…

Le ciel est bleu ! Très bleu, même ! Ouf ! Quel bonheur ! Après toutes ces journées longues et tristes, pluvieuses et sans lumière, le soleil a enfin daigné briller. Elio s’installe sur la plus haute branche de son arbre préféré, un magnifique noisetier. Les premières fleurs du printemps ont fait leur apparition un peu partout, ce qui pare le paysage de jolies teintes douces. Ah, ce parfum délicieux de bon matin ! Elio est toujours matinal ; c’est une mésange charbonnière, et sa maîtrise du chant est parfaite. Il s’installe confortablement, se prépare, se concentre, hésite quelques secondes puis enfin…Il se lance. Voilà ! Les premières notes retentissent et montent vers la cime. Comme le printemps est enfin de retour, il va pouvoir retrouver ses habitudes : prendre un bon bain dans la mare voisine puis étendre ses ailes au soleil pour se sécher et chanter ! Surtout le matin, c’est le moment idéal ! Et puis, ça va être la fête ! La nourriture à profusion… Vous n’y pensez pas ! Toutes ces sauterelles, criquets, perce-oreilles, punaises, fourmis, coléoptères, araignées… Ah mais quel festin !
Pierre le petit garçon, de la maison tout près du bois, l’avait bien aidé à passer l’hiver avec la mangeoire qu’il avait installée dans le jardin de ses parents. Oui, mais voilà, les graines de tournesol et d’arachide, il en a un peu marre ! Il lui faut du frais, du vivant, des insectes, des larves pleine de goût. Tout est en train de reprendre vie, et ça le remplit de joie.
Plume, une jolie femelle, se trouve à l’autre bout du bois mais elle a entendu le chant d’Elio. La mélodie est délicieuse et le son si pur ! Elle a vu elle aussi le ciel tout bleu et senti cette belle herbe verte et tendre sous ses pattes. Les bourgeons sont là partout sur les arbres, et ces jours qui s’allongent …Hum ! C’est si bon !
Tout à coup, Elio aperçoit Joséphine ! Joséphine, c’est sa cousine. Il ne l’avait pas revue depuis le printemps dernier. Trop content, Elio s’approche.
– Eh bien Joséphine, comment vas-tu ? Tu m’as l’air un peu triste ! Que se passe-t-il donc ?
– Oh, salut Elio ! Oui, tu as raison, je ne suis pas dans mon assiette !
– Comment se fait-il ? Tu vois bien que nous sommes au printemps ! C’est joyeux le printemps. Tu vas pouvoir commencer à construire un nid, pondre des œufs et attendre bien sagement l’arrivée des oisillons ! Moi, de mon côté, je cherche une partenaire ! N’est-ce pas merveilleux ?
– Oui, tu as raison. Mais bon, si ça se passe comme au printemps dernier, ça sera la catastrophe et je ne m’en remettrai pas.
– Tu es bien mystérieuse. Que s’est-il donc passé ?
– Tu te souviens, l’an dernier, ce magnifique nid que j’avais construit ?
– Tu parles que je m’en souviens, le plus beau nid de toute la région !
– Eh bien, figure-toi que j’avais pondu 5 beaux œufs que j’ai couvés et les petits sont…Elle ne peut terminer sa phrase, en proie à une forte émotion qui l’empêche de continuer.
– Joséphine, calme-toi. Je crois que je commence à comprendre. Le printemps l’an dernier n’était pas comme les autres. Et quelque chose a mal tourné, c’est bien cela ?
– Oui. Tu sais bien, en général, la naissance des oisillons coïncide avec le pic d’émergence des chenilles. Les petits ne se nourrissent que de belles chenilles ! Donc d’habitude, j’arrive à trouver tout ce qu’il me faut, sauf au printemps dernier, il faisait déjà beaucoup trop beau… La fin de l’hiver était vraiment trop douce !
– Et alors ?
– Eh bien les œufs de papillons ont très vite éclos et les chenilles sont apparues beaucoup plus tôt elles aussi ! Donc au moment où mes chers petits en avaient le plus besoin, les chenilles étaient déjà transformées en papillons !
– Oh !!!! Mais quelle horreur !
– Oui, le calendrier est toujours parfaitement synchrone mais là… tout se décale et je dois donc m’organiser pour ne pas être prise au dépourvu !
– Bon courage, ma chère cousine… Tu sais, mon petit Pierre, celui qui s’occupe de moi l’hiver, je sais qu’il est très attentif ! Et je crois qu’il fait partie de l’Observatoire des saisons et note toutes les dates des événements de la nature. Ça va nous aider à nous organiser !
– Oui, tu as raison. Je pense vraiment que les humains ont leur rôle à jouer et peuvent nous aider. Bon, je vais devoir te laisser, regarde Elio, il y a une jolie demoiselle qui t’observe depuis tout à l’heure…
– Ah bon, tu crois ?
– Oui, elle a l’air bien timide mais je crois que ton chant l’a séduite… Je la connais, elle s’appelle Plume !
Elio regarde à la dérobée, mais sent son coeur se gonfler de joie et de fierté ! Son chant matinal a dû toucher ! Voilà, une nouvelle aventure qui commence pour lui !
Elio jette un dernier regard vers le ciel bleu, inspire profondément… et entonne un chant encore plus doux.

Le savais-tu ? Les petites infos scientifiques
Le chant des oiseaux à l’aube est un phénomène observé partout dans le monde ; de nombreuses espèces chantent intensément au lever du soleil : ils commencent même juste avant ! Cela porte le nom de « Dawn chorus » qu’on peut traduire par « Chœur de l’aube » et il semble que chaque espèce a son moment précis pour entrer en scène !
Il y a plusieurs explications à ce phénomène de « chœur de l’aube ».
– une façon pour les oiseaux d’attirer l’attention en vue de trouver un ou une partenaire,
– c’est aussi un bon moyen pour les mâles d’assurer leur dominance et marquer leur territoire.
Répondre à la question du « pourquoi un chant intense à l’aube ? » fait encore l’objet de débats. Il est souvent avancé des questions de physique : les sons voyagent plus loin lorsque l’air est plus dense (donc quand il fait plus froid) et se transmettent de façon plus claire lorsqu’il fait humide. L’aube remplit ces conditions.
Auteur : Pascale Baugé du blog Le Monde et Nous
Références :
https://www.nationalgeographic.com/animals/article/birds-dawn-chorus?utm_source=chatgpt.com
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