Comment rater sa manip : la réaction du Mentos dans le Coca light

Le mode opératoire est simple : mettre rapidement quelques pastilles de Mentos dans du Coca Light, fermer rapidement la bouteille (optionnel) et attendre soit une explosion de bouteille (ça peut être dangereux), soit un grand jet de mousse…

Cette expérience te semble facile ? Bon, c’est vrai, ça a l’air facile comme ça. Mais je vais t’expliquer comment est-ce que X, âgé de 13,5 ans et dont je préfère protéger l’identité pour des raisons évidentes (je ne tiens pas à compromettre sa potentielle carrière scientifique), a réussi à rater son exposé et sa manip du « mentos dans le coca ».

X commence son exposé par « eh ben voilà, je vais vous présenter la réaction qui se passe entre le coca et le mentos, je vais d’abord vous expliquer ce qui se passe ». Silence. Devant la classe, X se met à me fixer. Je lui fais un clin d’œil pour le rassurer, essayant de lui dire « ça va aller, t’es juste un peu nerveux, je comprends ».
X me répond par un clin d’œil. Je demande «
et ensuite, qu’est ce qui se passe ? », X répond « Eh bien, il y a de la mousse quand on a mis les mentos dans le coca ». Silence. X me fixe encore et me fait encore un clin d’œil. Cette fois, je crois que c’est lui qui essaie de me rassurer, mais je ne sais pas de quoi.
«
Et pourquoi est-ce que le mentos dans le coca fait des bulles ? ».  Je ne pensais pas que cette question était un piège… X avait tellement insisté pour présenter un exposé sur la réaction du coca et du mentos, « parce que c’est cool » avait-il argumenté deux semaines auparavant. J’insiste et lui lance « alors ? Qu’est-ce qui se passe ? », ce qui se solde par « eh ben, j’sais pô…  Ah oui je sais ! La nucléation » (clin d’œil). Et comme X n’arrive pas à m’expliquer ce qu’est la nucléation, je propose à la classe de sortir dans la cour pour réaliser l’expérience. Une chance pour X de se rattraper car je me dis que si ce n’est pas un théoricien, c’est peut-être un excellent expérimentateur.

X ouvre la bouteille de Coca Light. Comme un cowboy, devant les yeux ébahis de ses collègues élèves, X sort de sa poche un paquet de mentos tellement vite que deux ou trois pastilles volent par terre. « C’est pas grave », de toute façon, la moitié du paquet est déjà passée dans le tube digestif de X cinq minutes avant l’exposé. Il reste 2 pastilles de mentos pour la manip qui sont placées avec dextérité dans la bouteille, le coca passe du brun foncé au brun clair de la mousse, ce que X regarde ébahi, quand soudain, SOUDAIN, X nous dit « et maintenant je devrais fermer la bouteille mais je ne retrouve pas le bouchon ». Et la mousse s’écoule mollement hors de la bouteille, comme je ne sais pas quoi, mais c’est comme quelque chose de mou. X se tourne vers moi et me demande si son exposé était bien. J’ouvre la bouche mais je n’arrive à faire sortir aucun son.

Mais nom d’une burette bouchée ! C’est pas compliqué cette expérience !

D’abord, ce qui se passe : lorsque l’enrobage du mentos entre en contact avec le liquide, il se dissout, ce qui a comme conséquence de multiplier les centres de formation de gaz carbonique.
En effet, pour passer de l’état dissout à l’état gazeux, le gaz carbonique a besoin de se « nucléer » c’est à dire, qu’il a besoin de s’accrocher sur une particule de matière pour passer de l’état dissout à la forme de gaz. C’est autour de cette particule de matière que se fait la fameuse « nucléation ».
Vu que l’enrobage du mentos libère beaucoup de particules en même temps en solution quand elle se dissout, une grande quantité de CO2 gazeux est produite en un laps de temps très court !
Cette explication est ma version personnelle, d’autres sources disent qu’il y a une réaction acide-base (
il y a un article sur les réactions acide-base sur Kidi !) entre l’acide carbonique du coca et l’enrobage du mentos… Mais je ne suis pas convaincu… l’enrobage n’est pas basique et puis, c’est le gaz carbonique dissous en solution qui passe à l’état gazeux, il n’est pas produit par réaction chimique.

En théorie, cela pourrait fonctionner avec n’importe quelle substance très soluble dans n’importe quelle boisson gazeuse, comme le sel dans la bière (version pas chère) ou du sucre glace dans du champagne (version bling-bling)

Il y a deux manières d’exploiter ce phénomène de nucléation et d’en faire une superbe expérience pour épater les copains pendant les après-midi d’anniversaire :

  1. Le jet de mousse (aussi appelé « Geyser »)

Matériel / Réactifs

  • 1 bouteille de coca light
  • 4-5 pastilles de mentos
  • Papier collant (scotch)

Mode opératoire
Attacher les pastilles de mentos avec le papier collant de manière à ce qu’elles puissent passer d’un coup et toutes ensemble dans la bouteille de Coca. Ouvrir la bouteille de coca, laisser tomber le paquet de pastilles mentos dans la bouteille. S’écarter avec prestance. Observer le jet de mousse qui peut atteindre, selon les experts, trois mètres.

Remarque : si vous ne désirez pas vous encombrer avec du papier collant pour coller les mentos, il existe sur le marché un « kit geyser » pour mentos et coca… Mais où va le monde ?

Geyser tube. Source : http://www.gregorypouy.fr

  1. La bouteille à réaction

Matériel / Réactifs

  • 1 bouteille de coca light
  • 4-5 pastilles de mentos
  • Papier collant (Scotch)
  • a. Bouchon de la bouteille
  • b. Bouchon de liège ou en caoutchouc

Mode opératoire
Attacher les pastilles de mentos avec le papier collant de manière à ce qu’elles puissent passer d’un coup et toutes ensemble dans la bouteille de Coca. Ouvrir la bouteille de coca, laisser tomber la paquet de pastilles mentos dans la bouteille et…

…fermer la bouteille avec le bouchon en caoutchouc et vite poser la bouteille par terre ou sur une rampe de lancement. Attendre. ATTENTION ! Ne pas se placer devant la bouteille ! Elle sera propulsée à grande vitesse, les accidents peuvent arriver même avec cette expérience. 

Bouteille à réaction mentos coca. Source : http://www.gentside.com/mentos/wallpaper

Commentaire
Ce qui se passe dans ce dernier cas est que le gaz s’accumulant dans un volume fermé, la pression augmente dans la bouteille, jusqu’au moment où la bouteille ou le bouchon ne tient plus le coup et expulse violemment son contenu par le goulot. L’action de la matière expulsée va provoquer comme réaction le déplacement de la bouteille en sens inverse à l’expulsion du liquide. Action-Réaction. Comment ça ? C’est déjà expliqué ici, l’action-réaction, sur Kidi.

Ow yeah. Bon amusement !

Bon courage X, on a tous foiré des manips faciles tu sais…
Ron Burgundy, « it’s science »

Auteur : Sproutch Lagrenouille

 

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