L’eau sur Terre : quels problèmes ?

Nous terminons aujourd’hui notre série de billets consacrés à l’eau sur Terre. Tu peux relire :
– le premier article consacré aux différentes ressources en eau sur Terre,
– le deuxième billet consacré au cycle de l’eau.

En résumé de ces deux premiers articles, on peut dire qu’il y a beaucoup d’eau sur terre : cette quantité a été estimée à environ 1,4 milliard de m3, et 1 m3 c’est 1000 litres ! Bref, c’est colossal.
On a également montré que l’eau effectuait tout un parcours entre l’atmosphère, les sols, les nappes souterraines, les mers … On a un recyclage incessant de l’eau entre les différents réservoirs et la quantité d’eau est constante.
Alors, pourquoi dit-on qu’il y a des problèmes de ressources en eau ?

Les ressources réellement utilisables
Pour commencer, rappelons que l’eau salée représente 97 % des réserves d’eau sur terre. Seule l’eau douce peut être consommée, et là encore une petite partie uniquement est accessible (beaucoup d’eau douce se trouve coincée dans les glaciers ou encore piégée dans le sol ou présente à une trop grande profondeur !).
Il est bien sûr possible de transformer l’eau de mer en eau douce, mais le procédé est très coûteux et demande beaucoup d’énergie.

Des ressources non uniformément réparties
Comme tu le sais, les différentes parties de la Terre ne sont pas soumises au même climat parce que le rayonnement solaire reçu n’est pas uniforme : il frappe une zone plus concentrée au niveau de l’équateur ce qui explique que c’est la zone qui reçoit le plus de chaleur.


Le rayonnement solaire dans la zone équatoriale est concentré sur une plus petite surface : la chaleur reçue est donc plus forte

Les différentes régions n’ont pas non plus le même relief (cela joue sur l’apport d’eau douce par la fonte de neiges) ni les mêmes ressources en eau (rivières, bassins…). Ainsi, il existe sur terre :
– des zones arides (très sèches) où l’approvisionnement en eau est difficile,
– des zones où l’eau se renouvelle très bien,
– des zones qui connaissent de fortes pluies ce qui conduit à des crues ou des inondations.

Et puis, il faut aussi tenir compte de la densité de population dans les différentes régions du monde et de la consommation d’eau  qui n’est pas non plus identique aux 4 coins du monde selon le développement de l’industrie, de l’agriculture…
Bref, en tenant compte de tous ces facteurs, il y a bel et bien des zones à très grand risque de manque d’eau.

Ainsi les régions les plus menacées sont : l’Afrique du Nord, l’Inde, l’Asie centrale, la Chine, l’Inde, le Chili, la Colombie …

Quelles menaces pour les années futures ?
La population mondiale augmente
Nous sommes un peu plus de 7,5 milliards d’humains sur Terre et la population mondiale continue d’augmenter !  Il y a bien sûr beaucoup d’incertitudes sur les chiffres des années à venir, mais des études sont régulièrement mises à jour pour affiner les estimations de la population mondiale future. La dernière date de 2017 et place le chiffre à un peu moins de 10 milliards vers 2050.

10 milliards d’individus (ou presque), c‘est beaucoup et les besoins en eau vont de pair avec cette augmentation de population et vont donc être plus importants pour tout un tas d’usages :
– l’agriculture (pour l’irrigation) et l’élevage,
– les industries (notamment pour les pays qui se développent),
– la santé,
– la consommation propre des populations,
– la production d’énergie …

L’impact du réchauffement climatique
Le changement climatique impacte le cycle de l’eau ainsi que la qualité d’eau : tout cela crée des contraintes encore plus fortes sur les ressources en eau. Voyons comment.

Les températures sur terre augmentent, c’est indéniable, surtout depuis ces 20 dernières années (relire notre dossier Climat). Donc naturellement, la demande en eau pour les écosystèmes (sol et organismes vivants) va augmenter.
Or, au contraire, la part d’eau directement consommable par les êtres vivants risque de diminuer.
En voici quelques raisons :
Comme nous l’avions vu dans ce précédent billet, l’un des impacts du réchauffement est le recul des glaciers et la diminution des chutes de neige. Or, on sait qu’au printemps, la fonte des neiges et des glaces, apporte de l’eau douce de surface : les ressources d’eau douce ont donc tendance à diminuer.

Un autre effet du réchauffement est la modification des précipitations selon les spécialistes du climat. L’un d’eux par exemple est que, plus il fait chaud, plus le phénomène d’évaporation est intense : les sols deviennent très secs !

La sécheresse

Mais plus l’air est chaud, plus il peut contenir d’humidité (nous en avions parlé dans cet article sur les nuages). De l’air très humide qui s’est déplacé, favorise des précipitations plus intenses et voilà les fortes pluies qui provoquent des inondations : l’eau n’entre pas dans les sols trop secs ou trop bâtis mais ruisselle et entraîne l’érosion.

Des inondations plus fréquentes sont une des conséquences du réchauffement.

En résumé, le réchauffement climatique intensifie également les différences entre les régions de la planète :
– les zones arides sont encore plus sèches et s’étendent géographiquement : des sécheresses plus longues et plus intenses,
– les zones humides encore plus en proie à des inondations (elles sont plus fréquentes).
Dans les deux cas, les risques d’accès à l’eau saine sont menacés.

Enfin le réchauffement modifie la qualité de l’eau de surface avec des risques de développement de micro-organismes : l’eau devient impropre à la consommation et là où il pleut davantage à cause du réchauffement, les systèmes de traitement d’eau (s’ils existent) sont surchargés et n’assurent plus leur fonction !

Donc en un mot, la Terre est bien une planète « bleue » mais la quantité d’eau réellement utilisable est restreinte avec des problèmes d’accès pour certaines populations et ces contraintes s’intensifient avec le réchauffement en cours. Il y a d’ores et déjà des conflits.

A notre petite échelle, essayons donc déjà de ne pas gaspiller d’eau et de récupérer l’eau de pluie pour l’arrosage du jardin !

En complément
Peut-être aimeras-tu relire ce billet sur les possibilités de récupération de l’eau à partir du brouillard ?

Pour en savoir plus :
https://www.cieau.com/eau-transition-ecologique/enjeux/rechauffement-climatique-les-consequences-sur-leau/

Auteur : Pascale du blog « Le Monde et Nous »

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