Comment trouver les plus beaux cailloux en France?

 Vous avez toutes et tous trouvé, en vous promenant sur la plage, à la montagne, dans des forêts, des cailloux qui brillaient un peu plus, qui étaient plus colorés que les autres, et qui donnaient envie d’amasser une collection de magnifiques minéraux.

Pourtant, ce n’est pas si facile ! Ceux qu’on trouve sur les chemins ont été cassés, ou abîmés par les promeneurs qui marchent le nez en l’air. Ceux dans les rivières sont érodés, polis, à force de rouler les uns contre les autres (c’est comme cela que se forment les galets, tout simplement !). En forêt, en montagne, les cailloux sont aussi recouvert de terre, ce qui cache les plus belles formes et couleurs… Et puis il est si rare de trouver des cailloux qui sortent vraiment de l’ordinaire, par leurs formes ou leurs couleurs…

Et pourtant, il existe de si beaux minéraux en France !

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Barityne (du Gard)

 

Fluorine (du Beaujolais)

 

Rutile (de Bretagne)

En fait, la chasse aux minéraux n’est pas un jeu du hasard. Ou plus précisément, les minéralogistes savent où chercher, et comment chercher. C’est ce qu’on va essayer de voir maintenant.

 

Les plus beaux cailloux ne sont pas sur la Terre, mais SOUS la Terre

En surface, on l’a dit, les cailloux sont souvent érodés : par l’eau, les vents, les pieds des promeneurs, les roues des véhicules. Si on veut trouver des cristaux fins, c’est bien en profondeur qu’il faut chercher. Seulement, tout le monde n’a pas chez lui de quoi faire des trous et des galeries de plusieurs mètres…

Le plus simple, c’est simplement d’utiliser les trous et les galeries qui existent déjà : les mines et les carrières !! Mines de bauxite (minerai de l’aluminium); mines de galène (minerai du plomb), de cuivre, de fer, d’argent, de fluor, de charbon, … : il en existait des milliers en France ! Moins rentables que d’autres dans le monde, elles ont été quasiment toutes abandonnées au cours du XXe siècle. Mais certaines d’entre elles restent accessibles, et contiennent des trésors minéralogiques.

 

Source : Sig Mines France (Bureau des Ressources Géologiques et Minières). Chaque point représente une exploitation minière, relativement importante, passée ou présente.

ATTENTION : se rendre dans une mine abandonnée est souvent interdit, et tout le temps très très très dangereux : effondrements des galeries, puits très profonds sont des pièges mortels. Personne, adulte comme enfant, ne doit s’y rendre sans être accompagné par un professionnel !!

Tout n’est pas perdu pour autant. Car lorsque les mines ont été creusées, une quantité énorme de pierres et de minerai a été sortie. Tout n’a pas été emporté : des montagnes de cailloux, pas assez riches en minerai pour être exploités sont restés juste devant ou à proximité des mines. Cela s’appelle des haldes, ou déblais, ou terrils, etc… ET C’EST LÀ qu’on peut chercher facilement, et trouver de jolis, très jolis minéraux !!

Haldes de la mine de Villemagne (Lozère)

Il faut prendre tout de même quelques précautions, et la présence d’un adulte est nécessaire :

– il existe parfois des puits encore ouverts à proximité des haldes. Donc toujours rester dans des zones bien dégagées (et ne pas commencer à aller dans les buissons environnants, qui cachent parfois des trous)

– Les haldes étant de grand tas de cailloux, elles sont parfois en pente assez raide. Il vaut mieux rester en bas du tas, que de s’aventurer trop haut dans les pentes !

En regardant ce qu’il y a par terre, éventuellement en grattant un peu avec une petite pioche, en cassant quelques gros cailloux avec un petit marteau (avec précaution pour éviter des éclats de pierre dans le visage), on trouve des cailloux très sympa… De quoi commencer et enrichir une véritable collection !

 

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Quelques cailloux ramassés en famille cet été (de haut en bas : quartz, barytine, et quartz hématoïde recouvert de goethite)

Quel équipement ?

Soyons simple ! Sur les cailloux, il vaut mieux être en pantalon au cas où on tombe, pour ne pas se faire d’écorchures aux genoux ! Et des baskets ou des chaussures de marche, c’est mieux que des petites chaussures de ville… Prévoyez aussi des petits outils de jardinage, mini-pelles, petites griffes pour creuser un petit peu, voire un tournevis pour extraire un caillou… Un petit marteau peut être pratique si on veut casser quelque chose. Et des boîtes, ou du papier journal, pour envelopper les specimens ramassés ! Une loupe pour regarder les petites pièces… Et … c’est tout !

Ah ! J’oubliais : une fois rentré chez vous, nettoyez bien vos minéraux : avec de l’eau, un peu de liquide vaisselle, une éponge ou une brosse à dent : cela transforme un caillou prometteur en petite merveille !

Mais… Au fait… Comment les trouver, ces haldes ?

Hum… Effectivement, j’avais gardé la question la plus ardue pour la fin…

Ce n’est pas si facile de savoir où trouver ces déblais et anciennes mines. Avant de vous donner quelques bons endroits que j’ai visité en famille cet été (en espérant que vous habitez pas trop loin !!), je vous donne juste une ou deux petites idées :

 

  • Le plus simple, c’est tout de même de se renseigner auprès des nombreux clubs de minéralogie : il en existe un peu partout en France, et on peut les retrouver ici ! Ils pourront aussi vous aider à identifier les cailloux ramassés !

  • Vous pouvez poser la question sur un forum, geoforum.fr . Les animateurs de ce site seront très heureux de faire profiter de leurs connaissances et de leurs coins à cailloux des minéralogistes en herbe !

  • Vous pouvez essayer de trouver un coin, pas trop loin de chez vous, sur le site www.mindat.org. En tapant, dans la barre de recherche, votre département, vous arriverez peut-être à avoir des informations. Ce n’est pas très simple d’utilisation, c’est en anglais, mais c’est LE site de référence mondial.

  • Pour un peu plus de détail, en utilisant cartes de géologie, le site mindat.org, google Earth et cartes IGN, je ferais sans doute un article plus long et complet sur mon blog dans les jours qui viennent…

Concrètement,… Où aller ?

Voici quatre sites que nous avons visités cet été. Hélas, nous n’avons pas pu faire le tour de la France… Elles sont donc dans les Cévennes, entre 1h30 et 2h30 de Montpellier, ou dans le Beaujolais, à 30 min- 1h de Lyon. J’espère que certain(e)s d’entre vous n’habiteront pas trop loin, ou arriveront à convaincre leurs parents de faire de la route pour les amener !! En cliquant sur le nom, vous aurez la carte Google avec le point indiquant précisément le déblai.

 

  • Saint Bresson : Dans le Gard, à proximité d’une des plus grandes mines d’Europe, Saint-Laurent de Minier, on y extrayait le plomb et le zinc, dans un filon de barytine. On peut ainsi y trouver de la galène, de la sphalérite, de la barytine, mais aussi des cailloux vert ou bleu, témoins de la présence de cuivre. Attention, ce déblai, comme la plupart des déblais se trouve sur un terrain privé. Même s’il est un peu en retrait, n’oubliez pas d’être poli, d’expliquer pourquoi vous êtes là, et de demander la permission, en assurant que vous n’allez pas tout saccager !

 

  • Villemagne : En Lozère, un peu plus au Nord que Saint-Bresson. Des gigantesques déblais, juste dans un virage. On y trouve un peu le même type de minéraux qu’à Saint-Bresson, mais c’est beaucoup plus grand. N’hésitez pas à prendre le large chemin qui monte, et à casser les cailloux pour y trouver des traces de galène, brillantes comme des objets en acier bien propre !

  • Lantignié : Dans le Beaujolais, à 1h de Lyon : Ici, c’est encore de la barytine, mais rose et blanche. On y trouve beaucoup de fluorine, des très jolis cristaux de quartz, mais aussi de minuscules et très jolis cristaux jaunes de mimétite ou wulfénite. N’hésitez pas à y amener une loupe !

  • Chessy : Près de l’Arbresle, à 30 min de Lyon : il y a les déblais d’une ancienne mine de cuivre, dans lesquels on trouve de superbes azurites… Mais ces déblais sont fermés, gérés par l’association de minéralogie de l’Arbresle. N’hésitez pas à les contacter pour qu’ils vous ouvrent les clés de ce paradis des pierres bleu-nuit (azurite) et des pierres vertes (malachite) ! Il y a aussi des déblais plus modestes, dans lesquels vous pouvez trouver des jolis cristaux de pyrite, à condition de casser les pierres beiges claires que vous y trouverez. Ce sont ces déblais qui sont indiqués sur la carte.

Et maintenant… A vos chaussures, à vos marteaux !! Et n’hésitez pas à nous envoyer les photos de vos plus belles trouvailles !

Texte : Mr Pourquoi

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