Les virus à l’origine du dahu

Dahu empaillé. Celui-là a les pattes gauches plus courtes que les droites. Ou plutôt les droites plus longues que les gauches

Le dahu est un animal si rare que certains le considèrent comme imaginaire. Pourtant il existe de nombreux témoignages de son existence, des squelettes de dahu sont exposés dans divers musées, et un reportage très complet sur le dahu a même été réalisé à partir de très rares images et vidéos de cet animal extrêmement mal connu (voir ci-dessous).

Dans ce reportage, ainsi que dans la plupart des sources existantes, le dahu est présenté comme une espèce, voire plusieurs, apparentées selon certains chercheurs aux chamois, selon d’autres aux bouquetins, voire aux lamas. Il faut reconnaître que la recherche scientifique est compliquée par la variété des rares spécimens documentés et par l’étendue de leur répartition géographique, allant des Alpes aux Vosges, avec des observations ponctuelles dans les Pyrénées et le Massif Central.

Le Dr. Goulu a cependant appris en exclusivité qu’une étude soumise aujourd’hui même à la célèbre revue Nature développe une nouvelle hypothèse révolutionnaire sur l’énigmatique existence des dahus. Selon ces travaux, les dahus ne seraient pas une espèce ou même des espèces distinctes, mais des caprins comme les chamois ou bouquetins atteints par la maladie osseuse de Paget, une forme de cancer des os provoquant une hypertrophie de certains de leurs membres.

Des travaux récents ayant montré que la maladie de Paget est vraisemblablement provoquée par des virus de la rougeole, l’équipe de chercheurs de l’IVAZ (Institut de Virologie Alpestre de Zermatt) a identifié la présence d’ADN de ces virus dans les os des pattes les plus longues de la douzaine de squelettes de dahus existants. Selon les scientifiques, si une épidémie de rougeole se propage dans un troupeau de chamois ou de bouquetins pendant la période de gestation, la probabilité qu’un des 4 membres soit allongé par la maladie est d’environ 50%. Il y a donc 16 possibilité environ équiprobables :

  • dans 1/16 ème de cas, le chevreau naît normal
  • dans 1/16 ème de cas, les 4 pattes sont allongées, ce qui passe souvent inaperçu
  • dans 4/16 ème des cas, une seule des 4 pattes est hypertrophiée et le chevreau est rapidement la proie des prédateurs
  • dans 4/16 ème des cas, trois pattes hypertrophiées rendent le chevreau boiteux
  • dans 2 cas sur 16, ce sont les pattes avant droit et arrière gauche, ou avant gauche et arrière droit qui condamnent le bébé dahu
  • restent les 4 cas sur 16 correspondant aux 4 types de dahus : lévogyre, dextrogyre, ainsi que les « montants » ou « descendants » dont l’espérance de vie est très faible.

Une épidémie de rougeole cause donc une mortalité des jeunes très élevée, de l’ordre de 50% dans les troupeaux, les « dahus » n’échappant à la mort que grâce à l’inclinaison de leur habitat naturel. A la fin de leur article, le Dr Ittemleilgug et ses coauteurs laissent entendre que les campagnes de vaccination intensives contre la rougeole humaine pourraient avoir contribué à la réduction du nombre de dahus observée depuis quelques décennies.

Cette étude est la seconde démontrant de façon convaincante l’implication de virus dans l’apparition d’animaux mythiques. En effet, il est connu depuis plusieurs années que le papillomavirus peut provoquer chez les lapins la formation de tumeurs en forme de cornes qui ont très certainement donné naissance à la légende du Jackalope.

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