Du bleu, la mer, des voiliers !

Ah les vacances d’été, le bleu du ciel et le bleu de la mer ! Ça fait toujours rêver !

Oui, sauf qu’en fait, quand on y regarde de plus près, la couleur de la mer est plutôt proche du vert notamment lorsqu’elle contient une bonne quantité de plancton et c’est tant mieux ! Observer la couleur de la mer c’est justement une des méthodes pour rendre compte de la richesse des océans car le vert est lié au contenu en chlorophylle, forcément synonyme de présence de phytoplancton. Nous en avions déjà parlé ici.

Il y a quand même quelques exceptions au tableau : on peut trouver du beau bleu dans la mer, une espèce de plancton tout bleu : la Velelle.
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La Velelle dérive en surface des mers chaudes. Bon normal pour du plancton parce que figure-toi que le mot « plancton » vient du grec « π λ α γ κ τ ο ́ ς » qui signifie «errant, instable». Alors quelles particularités pour ce joli voilier ?

Il s’agit bien d’un voilier car le nom de Velelle (Velella velella) vient, cette fois-ci du latin « vélum – la voile » ce qui rend effectivement compte de la petite voile triangulaire et transparente qui émerge de la surface poussée par le vent. Parfois aussi, on l’appelle aussi « Barque de la Saint-Jean ». Cette voile est d’ailleurs disposée avec un angle de 45° par rapport à l’axe de la coque : attraper le vent le plus efficacement pour se balader sur toutes les mers du globe. En effet, cette espèce est cosmopolite, on la retrouve aussi bien en Méditerranée, que dans l’Atlantique, la Manche et mer du Nord, le Pacifique, les Caraïbes.

Le souci est que parfois les velelles échouent sur les plages (dérivées par les vents et les courants) où elles offrent de jolis spectacles tout bleus ! Joli oui, mais quelque peu malodorant et surtout triste sort pour la bestiole !

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Heureusement, les individus ont mis au point une stratégie de survie : ils n’ont pas tous la voile disposée dans le même sens, soit à gauche (+ 45°), soit à droite (-45 °) : ils s’assurent ainsi qu’en cas de vent de travers, seule une partie d’entre eux s’échoue.

De quel animal s’agit-il ?
Cousine de la méduse, cette espèce relève plutôt d’une colonie d’individus que d’un seul organisme. Plongeons pour découvrir la coque d’un magnifique bleu vif !

La coque est un flotteur à squelette de chitine -matériau qui constitue la carapace des crustacés- rempli d’air (poussée d’Archimède oblige) sous laquelle s’agitent quelques tentacules (bleues aussi) assurant la pêche. Mais le plus fou là-dedans est qu’il ne s’agit pas d’un seul individu mais de colonies d’individus nommés zoïdes.
Ce sont des polypes très bien organisés disposés sous le flotteur : un gros polype nourricier (il est muni d’une bouche) et des tas de polypes pêcheurs et reproducteurs (munis de tentacules).
Tout ce joli monde s’affaire donc pour récupérer la nourriture (œufs de poissons, larves, copépodes, petits crustacés), et pour assurer défense et descendance.
Les tentacules capturent les proies avec un harpon et relarguent des substances urticantes : les proies sont alors vite acheminées vers la bouche. Une belle symbiose !

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Texte : Pascale Baugé du blog Le Monde et Nous

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