La vie dans la vase !

Même si la rentrée est déjà derrière nous, un petit vent des vacances souffle encore dans nos esprits, notamment lorsque le mois de septembre est ensoleillé (tout dépend où vous vous trouvez !). Bref, voici un petit article qui aurait dû paraître plus tôt dans notre calendrier, mais qui te rappellera peut-être de bons souvenirs de ton été sur la plage.

As-tu remarqué, sur certaines plages, de drôles de tortillons en sable ?

tortillon_arénicole

Je sais que certains enfants adorent les piétiner, et c’est toujours un peu surprenant de constater qu’ils ne contiennent que du sable (du moins à l’œil nu) et que cela semble venir de nulle part.  En fait, il s’agit d’excréments… celui d’un ver qui a trouvé moyen de vivre dans le sable et la vase : l’arénicole. Mais où se cache-t-elle donc ?
Elle se bricole une galerie en profondeur (entre 10 à 40 cm). Comme cette bestiole vit exclusivement dans le sable ou la vase, sa façon de respirer et de se nourrir est un peu particulière.

Voici l’arénicole en question : le ver tout rond, mesure une vingtaine de centimètres, avec une partie plus étroite dans sa partie postérieure.

Arenicola_marina

Grâce à une trompe escamotable (qui peut entrer et sortir), l’arénicole fait un trou jusqu’à former un tunnel en ingurgitant le sable. Cette galerie prend la forme d’un J. L’arénicole occupe la partie horizontale et laisse son postérieur remonter dans la branche verticale.

Maintenant, pour survivre, il ne lui reste qu’à respirer et se nourrir. Il faut profiter de la marée haute lorsque l’eau riche en oxygène et en aliments est présente. La tactique est simple : l’arénicole contracte et dilate l’ensemble de son corps ce qui a pour conséquence de créer un courant d’eau de la queue vers la tête.
La circulation d’eau permet à l’arénicole d’y puiser l’oxygène et de créer parallèlement un mouvement de sable.
L’arénicole en profite pour tout  avaler : sable et surtout ce qu’il contient et s’y accroche (des détritus organiques, des micro-organismes végétaux ou animaux). Hum, quel régal ! On peut d’ailleurs observer cette aspiration par la présence d’une petite dépression (un petit creux) dans le sable qui représente l’endroit où se trouve la tête.
Mais comme tu l’auras compris, avec tout ce sable ingurgité, il y a beaucoup de déchets qu’il faut bien vite éliminer. C’est alors que l’animal remonte sa partie postérieure et délivre son joli tortillon constitué essentiellement de sable.
Bref, il rejette finalement du sable tout propre, nettoyé de toutes les particules qui y étaient accrochées.

illustration_arenicole

A marée basse, la galerie peut encore contenir de l’eau mais rien n’est moins sûr ! Sans eau, l’arénicole doit adopter une autre technique. Elle absorbe alors l’oxygène présent dans l’air humide en se plaçant dans une branche verticale.

Mais l’arénicole nous réserve d’autres surprises.

Un secret bien gardé

Figure-toi que de récentes recherches ont mis en évidence que le sang de l’arénicole est particulièrement oxygéné. Comme nous l’avions vu dans un précédent article, c’est l’hémoglobine qui transporte l’oxygène. Chez l’arénicole, il semble que cette molécule soit capable de transporter 50 fois plus d’oxygène que ce qui se produit chez l’homme. Belle performance, non ?

Bref, des équipes de chercheurs sont en train de se creuser la tête pour utiliser cette molécule à des fins médicales, ce qui sera très utile pour les greffes d’organes (une meilleure conservation des organes à transplanter grâce à une meilleure oxygénation) ou pour mieux soigner des plaies (là encore grâce à un meilleur apport en oxygène).

On termine par une petite vidéo, où l’on peut observer de plus près l’arénicole et sa trompe.

Pour en savoir plus
– http://fish-dont-exist.blogspot.fr/2014/02/le-naturalisme-un-6eme-sens.html
– http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20140526.OBS8480/biotechnologie-les-pouvoirs-du-sang-universel-du-ver-marin.html

Texte : Pascale du blog Le Monde et Nous
Illustrations : Alain Prunier du blog Koua de 9

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