L’expérimentation animale

Aujourd’hui Kidiscience va te parler d’un sujet délicat, mais qui nous semble important. Tu sais peut-être que des animaux sont utilisés pour faire de la recherche scientifique. Cela pose pas mal de questions, nous allons essayer d’y répondre.

Pourquoi fait-on cela ?

On utilise des animaux pour plusieurs raisons :

  • Pour la connaissance scientifique, pour savoir par exemple comment notre corps (cerveau, cœur, foie, reins etc…) fonctionne.
  • Pour découvrir et mettre au point de nouveaux médicaments. Il existe en effet encore un certain nombre de maladies que l’on ne sait pas soigner et qui sont mortelles ou très graves (cancers, maladies du cerveau, maladies infectieuses dues à des virus ou à des bactéries, etc… ).
  • Pour comprendre les effets de produits polluants sur notre organisme, tels que des pesticides ou autres produits chimiques auxquels nous sommes exposés.
  • Pour trouver des  médicaments pour les animaux qui seront ensuite utilisés par les vétérinaires car les animaux ont aussi des maladies qui leurs sont propres.

Mais pourquoi des animaux plutôt que des humains ?

On ne peut pas expérimenter sur des êtres humains (sauf bien sûr pour des expériences qui n’induisent aucune douleur ni souffrance et en s’assurant que les personnes concernées sont d’accord). En effet, bien qu’il y ait eu des cas assez sordides d’expérimentation chez des êtres humains dans l’histoire (sur des prisonniers ou des esclaves par exemple), on ne doit pas porter atteinte à la vie humaine et on ne sacrifie pas des êtres humains (Droits de l’Homme et du Citoyen).

On utilise donc des animaux parce que ce sont des organismes vivants qui ont globalement la même physiologie que nous (les mammifères ont, comme nous, des organes, des muscles, des os, un système nerveux pour contrôler tout cela et de la peau pour envelopper le tout).

Quels animaux et combien sont utilisés ?

La majorité des animaux que l’on trouve dans des laboratoires sont des mammifères, comme nous. Les plus utilisés sont des rongeurs (rats et souris). On compte environ 2 millions d’animaux utilisés par an en France.

Peut-on s’en passer ?

Il faut savoir que l’expérimentation animale est précédée par un grande nombre d’expériences en laboratoire qui ne nécessitent pas l’utilisation d’animaux (on peut faire des cultures de cellules du foie ou du cerveau par exemple pour étudier des effets de produits).
Le problème est que ces expériences permettent de trier et de sélectionner des produits actifs mais ne suffisent pas car les cellules ne sont pas dans leur milieu habituel et ne réagissent pas forcément de la même façon que si elles étaient  dans un organisme entier.

Le recours à l’animal doit être réduit au minimum mais cela reste encore nécessaire. On ne pourrait pas tester de nouveaux médicaments la première fois sur des hommes, ce n’est pas acceptable : on risquerait de tuer des gens ou de les rendre malades.
Ils sont donc d’abord testés sur des rongeurs (pour savoir par exemple à quelle dose le médicament est efficace et répondre à un grand nombre d’autres questions). Ensuite, si cela est justifié, ils sont testés chez une autre espèce animale avant de passer sur un très petit nombre d’être humains en bonne santé pour passer aux étapes suivantes (c’est-à-dire des tests sur un nombre plus important d’êtres humains en bonne santé, puis ensuite des malades). Ce sont des étapes très longues ce qui explique que la mise sur le marché d’un médicament prend de nombreuses années.

Est-ce que c’est réglementé ?

Depuis plusieurs années, et notamment en s’inspirant des autres pays européens plus en avance que nous (dans le nord de l’Europe notamment), des lois spécifiques ont été votées pour que tout cela soit très contrôlé.
En effet, on sait que les animaux ressentent de la douleur et de la peur : ces lois sont là pour que les animaux soient respectés et manipulés dans les meilleures conditions possibles. Cela peut concerner la taille des cages, mais aussi l’obligation de donner aux animaux des médicaments contre la douleur, l’obligation de suivre des formations pour les personnes qui manipulent les animaux etc.

De plus, il y a des choses qui sont maintenant interdites, comme des tests pour la recherche sur des produits cosmétiques (les crèmes parfumées, les maquillages etc.).

Il y a donc des règles et des lois à respecter (la loi européenne s’appelle la Directive 2010/63/UE, quelques points clefs ici), les scientifiques ont la responsabilité de ne pas faire souffrir les animaux et de faire en sorte que leur bien-être soit essentiel. Souvent, les scientifiques font très attention à tout cela, car en général ils aiment les animaux, et de toute façon ils ont tout intérêt à ne pas les faire souffrir, sinon les résultats de leurs expériences ne seront pas utilisables.

Il faut savoir que cette réglementation a pour but de supprimer progressivement l’utilisation d’animaux dans les laboratoires.

La défense des animaux

Certains ne sont pas du tout d’accord avec le fait d’utiliser des animaux vivants pour faire des recherches pour nous les hommes. Il existe des associations qui luttent contre l’utilisation des animaux pour des expériences scientifiques. Ces associations qui comptent de plus en plus de membres œuvrent pour supprimer l’utilisation d’animaux pour l’expérimentation. Tu as dû en entendre parler, il y a des manifestations organisées et parfois même des libérations d’animaux.

Y a-t-il des solutions ?

Afin de diminuer au maximum l’utilisation des animaux, les scientifiques essaient de mettre au point des méthodes qu’on appelle « alternatives », en utilisant des cultures de cellules (on peut garder en vie pendant plusieurs jours des cellules du cerveau, du muscle, de peau ou autre par exemple), soit en utilisant des modèles informatiques avec des ordinateurs qui essaient de prévoir comment va réagir un organe par exemple quand on va modifier ceci ou cela en administrant un produit.
En développant des techniques d’imagerie qui permettent de voir dans le corps de l’animal, on pourra se passer de toutes sortes de techniques de chirurgie et de dissection. Bien sûr, toutes ces méthodes ont aussi des limites.

Tu as tout à fait le droit d’avoir ton avis personnel sur cette question importante. Le débat est complexe mais il est indispensable de continuer à se poser des questions.

Texte : Valentine Bouet
Dessins : Elsa Bouet

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