Défenses contre envahisseurs

L’année dernière, le sujet d’actualité était le virus, cette année c’est le vaccin ! Sur Kidi, on voulait vraiment en parler aussi. Pour comprendre ce qu’est un vaccin et ce qu’a de particulier le vaccin contre le coronavirus, on a préparé plusieurs articles. Lors du premier épisode de la série, nous avons parlé du tout premier vaccin qui protégeait de la variole. C’est ici.
Dans ce second épisode, nous allons expliquer pourquoi guérir de la vaccine empêche de tomber malade de la variole.  

Simon et le virus de la variole

Pour le comprendre il nous faut expliquer comment notre corps réagit face aux virus et aux autres micro-organismes pathogènes, qui nous attaquent.
Prenons l’exemple du virus de la variole qui attaque un certain Simon. Après avoir réussi à entrer dans son corps, ces petits organismes se multiplient et peu à peu prennent de plus en plus de place. Ainsi, ils endommagent les cellules de Simon.
Mais son corps ne va pas se laisser faire ! Pour éliminer ces petits organismes encombrants, il va faire appel à un système de protection qu’on appelle le système immunitaire. 

Première étape : tomber malade pour expulser l’agresseur

C’est la première fois que Simon a affaire à la variole. Ses agresseurs ne sont pas encore connus par son corps. Ils peuvent alors passer inaperçus pendant un moment, le temps que le système de protection de Simon réalise que les intrus sont dangereux. 

Le virus inconnu fait une attaque surprise

Quand l’alarme se déclenche, les cellules de Simon peuvent déjà être suffisamment endommagées. Et comme il ne connaît pas bien l’agresseur, le système immunitaire va tout d’abord sortir la grosse artillerie et « tirer dans le tas ». Sa première réaction est d’enclencher le système de défense inné (ou non spécifique). Certains symptômes de la maladie sont en fait liés à cette première réaction de défense. Simon va tousser, suer, vomir, ou avoir la diarrhée ou la fièvre; tout cela pour éliminer les cellules malades et évacuer les organismes qui l’envahissent.
Si elle dure trop longtemps, cette réaction peut affaiblir encore plus Simon.

Malheureusement, cela permet aussi aux malotrus de s’échapper dans l’air ou dans des liquides à l’extérieur de notre corps, et d’être éventuellement en contact avec d’autres personnes qu’ils pourraient infecter à leur tour.

Le système de défense inné essaie d’évacuer l’intrus : Simon vomit et est fièvreux

Il suffit que chaque personne transmette sa maladie à une à deux autres pour que le nombre de malades augmente de jour en jour. Le risque ? Que l’on ne parvienne plus à isoler les malades de plus en plus nombreux.
Cela est déjà arrivé deux fois en France avec la covid19.  

Deuxième étape : connaître son ennem

La première réaction, non spécifique aux types d’agresseurs, sert à contenir l’attaque le temps qu’une autre réaction se prépare.
En effet, pendant ce temps-là, chez Simon, des morceaux d’organismes agresseurs sont transportés dans le quartier général de ses défenses où des cellules spéciales vont « apprendre » à les reconnaître. Ces petites cellules identifient les agresseurs en créant des protéines capables de s’y attacher. Non seulement les cellules spéciales vont « reconnaître » l’agresseur, mais aussi, parce qu’elles le bloquent, elles peuvent également l’empêcher d’agir sans endommager les cellules. Elles font partie de ce qu’on appelle le mécanisme de défense spécifique. 

Quelques jours à quelques semaines d’apprentissage sont nécessaires avant de pouvoir utiliser ces cellules spéciales. Une fois Simon guéri, quelques exemplaires de ces cellules sont gardés pour une possible prochaine infection. Et si Simon est infecté de nouveau par la variole, son agresseur, connu, va être neutralisé très vite par les cellules spéciales sans que Simon tombe malade.

Le mécanisme de défense spécifique apprend à reconnaître l’ennemi
Anéantir l’ennemi sans l’avoir vu (entièrement) auparavant : c’est possible !

Maintenant, prenons l’exemple de Yann. Comme dans l’épisode précédent, Yann a contracté la vaccine et en est tombé malade. Il possède donc des cellules spéciales capables de reconnaître le virus de la vaccine.  Or, le virus de la vaccine est l’équivalent chez les bovins du virus de la variole chez les hommes. Ils sont très proches et ont un mode d’action similaire, bien que la vaccine soit beaucoup moins dangereuse pour l’homme.

Yann va être exposé à la variole et ses cellules spéciales reconnaissant la vaccine vont aussi reconnaître la variole.  Le virus de la variole va donc être éliminé avant que Yann n’ait le temps de tomber malade !


Et voilà comment fonctionne la vaccination !
Plutôt que d’utiliser la méthode « naturelle » qui consiste à s’infecter le virus, avec les risques que cela comporte, la vaccination permet de s’infecter avec un virus moins offensif, ou un morceau de virus inoffensif, mais qui ressemble suffisamment au virus pour lequel on veut se protéger. Il s’agit d’enclencher le mécanisme de défense spécifique de notre corps tout en minimisant le plus possible les effets ennuyeux de la maladie.

Prochain épisode de notre série, bientôt, sur le vaccin contre le coronavirus.

Dessins: Inti Orozco
Auteur: Emilie Neveu / Sense the Science

Pour aller plus loin:
Le premier épisode: https://kidiscience.cafe-sciences.org/articles/des-vaches-comme-vaccin/

https://destinationsante.com/le-vaccin-toute-histoire.html

 

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