[Science pressée] Des lapins géants !

Tu sais qu’on connaît le passé (avec plus ou moins de détails) et surtout les espèces qui peuplaient la Terre grâce à la présence de fossiles ! Il s’agit parfois de squelettes entiers qui sont découverts par les paléontologues.
Si tu ne sais pas bien ce qu’est un fossile, n’hésite pas à relire cet ancien billet consacré à Mary Anning.

Découvrir des squelettes entiers, c’est palpitant car on peut en déduire  la taille et la morphologie de l’espèce, son mode de vie. Après identification (ce qui n’est pas forcément simple), les paléontologues classent ensuite l’espèce dans une famille ce qui permet de la mettre en lien avec les espèces qui vivent encore à nos côtés et de les comparer.

Figure-toi que des paléontologues espagnols (de l’Institut Catalan de Paléontologie de Barcelone), ont mis à nu sur l’Ile de Minorque (Baléares) le squelette d’un lapin géant d’une taille incroyable. L’espèce a été baptisée Nuralagus rex et leur découverte a été publiée en 2011.

Nuralagus rex, une espèce de lapin géant disparu qui vivait sur l’île de Minorque (Baléares) aux côtés d’un de nos lapins actuels. Image: Society of Vertabrate Paleontology

Le Nuralagus rex aurait vécu il y a 3 à 5 millions d’années, pesait certainement une bonne dizaine de kilos (en moyenne, car certains auraient atteint la vingtaine de kilos) et était d’une taille 6 fois plus grande que celle des lapins actuels !

Il est aussi un peu différent sur plusieurs autres points : il a de petits yeux, n’a pas ses longues oreilles si caractéristiques et ne serait pas capable de sauter comme le font si bien les lapins modernes. C’est par l’observation de la forme de la colonne vertébrale et des pattes que les scientifiques en sont arrivés à cette conclusion !

Bref, de grande taille, équipé de petits yeux, de courtes oreilles, peu capable de sauter, il a dû avoir une vie bien différente de celle de nos lapins modernes ! Effectivement, les paléontologues pensent, que l’espèce qui aurait migré se serait retrouvée sur cette île où vivaient peu de prédateurs. Et ce dernier point explique assez bien les caractéristiques de ce géant.
En effet, les longues oreilles qui permettent de capter le moindre bruit, la capacité à détaler très vite (grâce à une adaptation de la colonne vertébrale, des pattes et de la taille) sont le fruit d’une adaptation à un milieu plein de dangers (rappelons que les individus les mieux adaptés à leur environnement sont sélectionnés, car les autres meurent plus facilement).

Sans de tels dangers (notamment les prédateurs), ce n’est pas un problème de ne pas savoir se déplacer rapidement ainsi que de ne pas pouvoir détecter les bruits facilement !

La forme de ses pattes (orteils) indique également que ce géant lapin trouvait plutôt sa nourriture en grattant la terre à la recherche de racines !
Tu vois tout ce peut raconter un squelette !

Peut-être aimeras-tu relire cet article sur l’évolution.

Référence :
Quintana, J., et al.  » Nuralagus rex, gen.et.sp. nov., an endemic insular giant rabbit from the Neogene of Minorca (Balearic Islands, Spain) »,  Journal of Vertebrate Paleontology 31(2), 2011

https://phys.org/news/2011-03-nuralagus-rex-giant-extinct-rabbit.html

Auteur : Pascale du blog « Le Monde et Nous »

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